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Péril sur la Nation : L’Épiscopat Congolais s’Oppose Frontalement à toute Révision Constitutionnelle

23-06-2026 Adonaï KANGA
Péril sur la Nation : L’Épiscopat Congolais s’Oppose Frontalement à toute Révision Constitutionnelle
À l'issue de la 64e session plénière extraordinaire de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, Secrétaire Général et porte-parole de l'institution, a partagé le message officiel des prélats. Dans un contexte de crise multidimensionnelle, l'Église catholique dresse un constat sévère et s'oppose catégooriquement à tout projet de modification de la Loi fondamentale.

KINSHASA, Lors d'un point de presse solennel et particulièrement attendu, tenu ce samedi 20 juin 2026, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), par l’organe de son Secrétaire Général et porte-parole, Mgr Donatien Nshole, a rompu le silence pour livrer les conclusions de sa 64e session plénière extraordinaire. S’exprimant avec une gravité et une fermeté singulières, le haut ecclésiastique a formulé une mise en garde solennelle contre toute velléité de révision constitutionnelle, tout en alertant la communauté nationale et internationale sur les menaces existentielles de premier ordre qui ébranlent les fondations de la République Démocratique du Congo.

Le cri d'alarme d'une Église face au déliquescence de l'État

Se faisant l’écho fidèle de la détresse de l’épiscopat, Mgr Nshole a réitéré cette sentence alarmante : « La Nation est en péril ! ». L’analyse prospective et le diagnostic posés par la CENCO s’avèrent en effet sans concession. Les princes de l'Église déplorent l’enracinement d’un conflit armé endémique à l'Est du pays, matérialisé par la consolidation d’une administration rebelle par la coalition AFC/M23, l’ingérence opaque de contingents militaires étrangers, ainsi que les massacres récurrents perpétrés par les terroristes des ADF-Nalu dans la province de l'Ituri.

À cette tragédie sécuritaire se greffent une paupérisation endémique de la population et la résurgence inquiétante de l’épidémie à virus Ebola dans la partie orientale du territoire. Face à ce tableau synoptique délétère, la CENCO rappelle avec insistance que l'action gouvernementale doit impérativement se focaliser sur les priorités existentielles du peuple congolais, et ne saurait être détournée par des calculs politiciens.

La modification constitutionnelle : une manœuvre de captation du pouvoir dénoncée


Devant un parterre de journalistes et de professionnels des médias, le Secrétaire Général a longuement explicité le refus catégorique et sans équivoque des évêques face au dessein de révision constitutionnelle impulsé par la majorité au pouvoir. Aux yeux de l'institution ecclésiale, cette initiative s'apparente à un stratagème politique manifeste, destiné à s'affranchir du verrou de l’article 220 afin d'octroyer indûment un nouveau cycle de mandats au Président de la République en exercice. 

Mgr Donatien Nshole a tenu à rappeler le caractère sacré et inviolable de cet article constitutionnel, qu'il qualifie de rempart ultime contre l'avènement de la dictature et la privatisation patrimoniale de l'État. Dès lors, tout passage en force institutionnel expose la nation à des périls majeurs, parmi lesquels : 
  1. La balkanisation irréversible du territoire national, favorisée par l'affaiblissement de la cohésion interne ;
  2. Le déclenchement d'un nouveau conflit civil exacerbé par des antagonismes tribaux et ethniques instrumentalisés ;
  3. L'intensification des violences urbaines orchestrées par des milices inféodées à des partis politiques, à l'instar des dérives observées avec la structure dite « Force du progrès ».
« Nous ne percevons ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité d'un changement de Constitution »,
a martelé le porte-parole, réaffirmant avec force que les seules urgences de l'heure demeurent le
rétablissement de la paix et la consolidation de la cohésion nationale.

Impératif de vigilance et responsabilité historique

Afin de conjurer cette crise imminente, la CENCO a formulé des recommandations d'une haute portée éthique
et politique :
  • Au Chef de l'État : Il lui est demandé de respecter scrupuleusement le serment constitutionnel solennellement prêté devant Dieu et la Nation, sous peine d'engager, devant l'Histoire, sa responsabilité personnelle et indélébile.
  • Au Peuple congolais : L’épiscopat l'exhorte à une vigilance absolue et à une résistance pacifique et légale face à toute velléité d’altération des dispositions intangibles de la Constitution.
  • Au Corps ecclésiastique et aux pasteurs : Il leur est enjoint de vulgariser massivement ce message afin de susciter un éveil salvateur des consciences à l’échelle nationale.


L'ALTERNATIVE DU DIALOGUE SELON LA DOCTRINE SOCIALE

S'inspirant des orientations doctrinales de l'encyclique Magnifica Humanitas de Sa Sainteté le Pape Léon XIV, la CENCO préconise l'adoption résolue d'une « culture du dialogue inclusif ». Cette démarche consensuelle apparaît comme l'unique voie idoine pour l'organisation sereine des prochains scrutins dans le strict respect des délais constitutionnels. En conclusion, Mgr Donatien Nshole a averti que l’Église se réserve souverainement le droit de mobiliser la population et d’annoncer des actions citoyennes concrètes si les circonstances l'exigaient.

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